Ce que le TCO ne montre pas sur le coût réel de votre parc IT 

Les directions IT et finance passent beaucoup de temps à négocier le coût d’un projet informatique. Le prix du matériel. La durée du contrat. Les conditions de maintenance. 

Ces discussions sont nécessaires. Elles donnent le sentiment que le risque est maîtrisé. 

Pourtant, dans de nombreuses entreprises, les difficultés n’apparaissent pas au moment de l’achat. Elles surgissent plus tard, souvent à l’approche d’une échéance mal anticipée : fin de support constructeur, renouvellement déclenché dans l’urgence, prolongation subie, valeur de reprise inexistante. 

Le coût d’un parc informatique est rarement mal calculé. Il est mal regardé. 

Parce que l’essentiel ne se joue pas à l’instant de la décision initiale, mais dans ce qui se passe ensuite, année après année. 

Le TCO rassure. Il ne protège pas. 

Le Total Cost of Ownership s’est imposé comme un standard de décision. Il permet de comparer des options, de cadrer un budget, de sécuriser une validation interne. 

Il agrège généralement le prix d’achat ou de location, la maintenance et le support, parfois l’énergie ou quelques coûts indirects. 

C’est un outil utile. Mais ce n’est pas un outil de pilotage. 

Le TCO repose sur une vision statique d’un environnement qui ne l’est pas. Il suppose implicitement que l’usage restera stable, que la durée prévue sera respectée, que la sortie sera neutre. 

Dans la réalité, ces hypothèses tiennent rarement sur cinq ans. 

TCO vs Trajectoire IT : deux logiques très différentes 

Le TCO (Total Cost of Ownership) répond à une question précise : Combien coûte cet équipement sur une durée donnée, dans un scénario stable ? 

Il aide à comparer des options à l’entrée, sécuriser une validation budgétaire, rationaliser une décision. Mais il s’arrête là. 

La trajectoire IT répond à une autre question : Que se passe-t-il si la réalité ne suit pas le scénario prévu ? 

Elle intègre l’évolution des usages et des volumes, les ajustements possibles en cours de route, les conditions de sortie réelles, la responsabilité de la décision dans le temps. 

Deux projets peuvent afficher un TCO équivalent au départ. Cinq ans plus tard, leurs impacts financiers peuvent être très différents. 

La différence ne vient pas du prix. Elle vient de ce qui était prévu, ajustable ou verrouill é. 

C’est pour cela que tant de projets validés sur un TCO rassurant finissent en arbitrages de crise trois ans plus tard. 

Où se crée réellement le coût sur 5 ans 

Sur un parc IT, le coût ne se concentre pas à l’achat. Il se déplace dans le temps, souvent là où il est le moins anticipé. 

À l’entrée, le coût est visible : matériel, intégration, licences initiales. C’est la phase la mieux maîtrisée, celle sur laquelle se concentre l’essentiel des négociations. 

En exploitation, le coût devient diffus : extensions non prévues, hétérogénéité du parc, ajustements contractuels, surdimensionnement “par sécurité”. Ces coûts ne sont pas toujours reliés à la décision initiale. Ils s’installent progressivement, sans arbitrage clair. 

À la sortie, les écarts deviennent visibles. Prolongations par défaut, renouvellements déclenchés par un incident, pénalités de sortie, valeur résiduelle non captée, coûts de reprise ou de recyclage non anticipés. Sur cinq ans, la sortie est souvent le poste le moins préparé et le plus coûteux. 

Pourquoi les décisions IT deviennent défendables… trop tard 

Dans beaucoup d’organisations, la séquence est la même. Le projet est validé sur des hypothèses raisonnables. Le contrat est signé avec des durées dites “standards”. Les usages évoluent différemment de ce qui était prévu. La sortie approche sans scénario préparé. La décision devient urgente. 

À ce stade, le pouvoir de négociation est faible, les options sont limitées, les coûts ne sont plus arbitrés mais subis. 

Le problème n’est pas l’outil financier. C’est l’absence de pilotage dans le temps. 

Un parc IT coûte cher quand personne n’est clairement responsable de la sortie, quand les durées contractuelles ne sont pas alignées avec l’usage réel, quand la flexibilité est négociée à la fin et non prévue au départ. 

Autrement dit : le coût apparaît là où la décision n’a pas été pensée. 

Ce que les directions IT et finance doivent exiger dès le départ 

Avant de comparer des offres, posez trois questions que le TCO n’aborde jamais : 

1. Qui est responsable de la sortie du parc ? 

Pas du contrat. De la décision réelle. 

2. Qu’est-ce qui peut évoluer sans tout reconstruire ? 

Volumes, durées, périmètre. 

3. Comment la valeur de fin de vie est-elle sécurisée ? 

Reprise, réemploi, recyclage conforme. 

Si ces points ne sont pas cadrés à l’entrée, ils le seront à la fin. Dans un contexte moins favorable. 

Le coût IT n’est pas un problème comptable 

C’est un problème de pilotage économique du cycle de vie. 

Sur cinq ans, la différence ne se fait pas sur le prix facial. Elle se fait sur la capacité à décider avant d’être contraint. 

Un projet IT ne devient défendable dans le temps que s’il intègre dès le départ que l’usage évoluera, que les volumes changeront, que la sortie devra être décidée et non subie. 

C’est cette trajectoire qui rend un projet IT défendable. Devant vos équipes. Devant votre direction financière. Devant vos obligations économiques et environnementales. 

Evernex Capital Solutions accompagne les entreprises dans la structuration, le financement et le pilotage économique de leurs actifs IT sur toute leur durée de vie. 

FAQ

Qui est responsable de la sortie du parc informatique ?

Il ne s’agit pas de la responsabilité contractuelle, mais de la décision réelle sur la fin de vie des équipements. Cette responsabilité doit être clairement définie dès le départ du projet IT.

Qu’est-ce qui peut évoluer dans un parc IT sans tout reconstruire ?

Les volumes d’équipements, les durées d’utilisation et le périmètre du parc doivent pouvoir être ajustés sans renégociation complète du contrat.

Comment sécuriser la valeur de fin de vie d’un parc informatique ?

Par une stratégie définie dès l’entrée incluant la reprise des actifs, leur réemploi potentiel et un recyclage conforme aux normes DEEE.